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Les promotions des professeurs de la Ville : vos interrogations Quid du système d’avancement ? Les professeurs de la Ville évoluent dans leur carrière grâce à un système de promotion calqué sur celui des personnels enseignants de l’Éducation nationale, et donc atypique à la ville de Paris. En effet, notés par les IEN, ils progressent selon le barème appliqué aux certifiés et aux professeurs des écoles. Contrairement à l’immense majorité des agents de la ville, ils possèdent une carrière dite « cylindrée », c’est-à-dire que tous les professeurs, pourvu qu’ils disposent d’une ancienneté suffisante, atteignent plus ou moins vite le 11ème échelon de leur grade. La plupart des autres corps de fonctionnaires ont une carrière de type « pyramidal », c’est-à-dire que parmi la grande majorité qui constitue la base, peu d’entre eux peuvent espérer atteindre le sommet. Comment fonctionnent les promotions ? Chaque année, les professeurs promouvables (c’est-à-dire qui réunissent les conditions d’ancienneté prévues dans chaque échelon pour espérer passer à l’échelon supérieur) sont classés par échelon sur des tableaux d’avancement en fonction de leur barème. Ces tableaux déterminent, dans chaque échelon, la vitesse de passage des professeurs. Les promotions des professeurs de la Ville sont étudiées par année scolaire (entre le 1er septembre et le 31 août de chaque année). La Commission Administrative Paritaire qui les entérine se réunit une fois dans l’année, généralement entre février et avril, et examine toutes les promotions pour l’année en cours. Certaines sont donc prononcées avec effet rétroactif, si la date d’effet est antérieure à la date de réunion de la CAP. Comment est calculé exactement le barème ? Deux éléments entrent en compte dans la composition du barème utilisé pour les promotions (attention ! Ce barème est différent de celui appliqué pour le mouvement). La formule est la suivante : Que signifient grand choix, choix et ancienneté ? Pour chaque échelon (sauf pour le passage au 5ème où il n’existe que deux vitesses possibles), on peut passer à l’échelon supérieur selon trois vitesses :
Un exemple concret : Je suis noté(e) au maximum du barème, et je ne passe pas au grand choix : Le système de promotions des professeurs de la Ville étant fondé sur deux données, la note pédagogique et l’ancienneté, il est impossible à un professeur, même pourvu tout au long de sa carrière de la note la plus haute, de passer toujours au grand choix. En effet, à un moment ou à un autre, il manquera d’ancienneté, et son barème se trouvera inférieur à ceux de collègues, parfois moins bien notés, mais qui disposent d’une ancienneté supérieure. Le barème appliqué (2 fois la note plus une fois l’ancienneté) signifie que deux années d’ancienneté équivalent à un point de note. Il faut souligner que les personnels de l’Éducation nationale sont souvent bien plus défavorisés que les professeurs de la Ville. En effet, leur barème n’est pas national, mais départemental, et certains départements appliquent le système du « frein », c’est-à-dire qu’un professeur des écoles qui passe une fois au grand choix est « pénalisé » pour ses prochaines promotions par une minoration qui lui interdit de toute façon de passer une deuxième fois au grand choix. C’est le système appliqué aux chevaux de courses qui partent avec 30 kilos supplémentaires sur le dos lorsqu’ils ont gagné les courses précédentes. Je passe à l’ancienneté, suis-je mauvais(e) ? Le passage à l’ancienneté ne représente en aucun cas une sanction, mais est souvent une conséquence de l’implacable logique mathématique. On a souvent vu des professeurs notés exceptionnellement tout au long de leur carrière finir par passer à l’ancienneté, pénalisés par une ancienneté insuffisante, l’excellente note ne rattrapant pas ce déficit d’ancienneté. La logique voudrait qu’un professeur noté toute sa carrière dans la moyenne passe environ deux fois au grand choix, quatre fois au choix et une fois à l’ancienneté. Il existe un effet « d’accordéon ». Lorsque la carrière s’accélère à certains moments, elle se ralentit obligatoirement à d’autres. Sauf notes exceptionnellement basses ou hautes, il n’est pas exagéré de dire que tous les professeurs ayant débuté leur carrière en même temps arriveront peu ou prou en même temps au 11ème échelon. Quel est le rôle des élus paritaires dans les promotions ? Les élus paritaires n’ont strictement aucun pouvoir (pas plus que l’administration) pour décider du passage de tel ou tel collègue. Seul le barème, purement mathématique, détermine ou non les passages d’échelon. Les élus paritaires veillent scrupuleusement au bon déroulement de la procédure, vérifient qu’aucun collègue n’a été oublié et qu’aucune erreur n’a été commise dans le report des notes et dans le calcul des barèmes. Ils informent tous les professeurs des décisions prises. Ils préviennent individuellement chaque professeur promouvable, adhérent ou non, de la note communiquée par l’administration (et qui peut-être corrigée en cas d’erreur ou d’omission), puis les informent de la décision arrêtée par la CAP. Je n’ai pas été noté(e) pendant plusieurs années et, de ce fait, je suis pénalisé(e) : Le Snadem a toujours demandé que chaque professeur soit inspecté au moins une fois tous les trois ans. De nombreux IEN ont fait remarqué que cette fréquence était trop rapprochée et qu’ils ne pouvaient souvent pas donner de points supplémentaires, les professeurs étant déjà à leur note maximum. La Dasco a proposé une inspection tous les quatre ans. Cette situation ne nous satisfait pas, car les vitesses moyennes de passage d’échelon sont plutôt de trois ans. Y a-t-il des notes maximales et minimales correspondant à chaque échelon ? Le barème de notation des professeurs de la Ville est le même que celui des professeurs certifiés et des professeurs des écoles. À chaque échelon correspond une note de référence. L’IEN a la possibilité de noter entre deux points au-dessous et deux points au-dessus de cette note. Nous vous donnons ci-après les notes de référence correspondant à chaque échelon
Dans la pratique, la première note du professeur de la Ville correspond au passage du CAP, la titularisation est donc prononcée au 4ème échelon, le passage des échelons antérieurs se fait de façon automatique. Comment se déroule une inspection ? Les textes prévoient que « toutes les visites des inspecteurs dans les établissements sont annoncées avec mention de leurs objectifs ». Ceci signifie, qu’en théorie, il ne peut pas y avoir d’inspection surprise. Il serait toutefois maladroit de refuser une inspection faite en dernière minute sous le prétexte qu’elle n’a pas été annoncée… L’inspection comporte en principe deux volets : une ou plusieurs séquences pédagogiques sur des niveaux différents et un entretien. Le directeur et l’instituteur peuvent y assister. D’une façon générale, nous ne saurions trop conseiller de ne pas modifier les habitudes de travail lors d’une inspection. Si le maître de la classe n’est jamais présent lors des séances, il n’y a aucune raison qu’il s’invite le jour où l’on reçoit M. l’Inspecteur (et les élèves risqueraient d’en marquer quelque étonnement). L’IEN peut demander communication des préparations, du journal et des projets pédagogiques, etc. Un inspecteur peut-il baisser une note ? Oui ! Toutefois, il s’agit là d’une sanction exceptionnelle qui doit se justifier par un rapport circonstancié. De la même façon, un IEN n’est pas tenu d’augmenter systématiquement une note, même si le rapport est élogieux. En effet, certains inspecteurs différencient la notation du rapport. En outre, le collègue ayant une note au maximum de son barème ne pourra pas bénéficier de points supplémentaires, même si son travail est hautement apprécié. Peut-on contester un rapport d’inspection ? Il faut savoir que le fait d’émarger un rapport d’inspection (ou tout document administratif) n’implique pas qu’on est d’accord avec son contenu, mais seulement qu’on en a pris connaissance. Il est toujours possible de faire figurer ses observations en annexe d’un rapport, ou de tout autre document. Il y a aussi toujours la possibilité de contester le contenu d’un rapport, et même de demander une nouvelle inspection. Cette procédure n’est pas sans danger, car la solidarité est de mise dans le corps des inspecteurs aussi. Donc, réfléchissez, le remède risque d’être pire que le mal… Je suis en disponibilité ou en détachement. Est-ce que je continue à avancer dans les échelons ? La carrière d’un agent en disponibilité est mise entre parenthèses pendant tout la période de sa disponibilité. Cela signifie qu’il cesse d’accumuler de l’ancienneté et qu’il perd ses droits à l’avancement. Sa situation est donc figée, elle reprend au jour où il réintègre les services. Qu’est-ce- que la hors classe ? Il s’agit d’un grade de fin de carrière qui s’ajoute à celui de la classe normale (du 1er au 11ème échelon) et qui a été mis en place pour notre corps le 1er septembre 1994. L’effectif total d’agents placés dans le grade de hors classe représente un maximum de 15% du corps (environ 110 professeurs). Les places sont donc chères, et les seules possibilités d’y accéder sont tributaires des collègues déjà en hors classe qui libèrent la place en faisant valoir leurs droits à la retraite (19 postes offerts en septembre 2004, et sans doute beaucoup moins en 2005 vu la réforme des retraites). Contrairement aux échelons de la classe normale, le passage à la hors classe est théoriquement à la seule discrétion de l’administration. Le Snadem a toutefois imposé un barème, ainsi calculé : (échelon x 2) + (note pédagogique x 2) + ancienneté dans l’échelon. Même si les textes autorisent l’accès à la hors classe dès le 7ème échelon, ce barème interdit de fait d’y accéder si l’on n’est pas au 11ème échelon. Il est en effet important que les postes de hors classe tournent le plus possible, afin qu’un maximum de collègues puisse y accéder avant de partir en retraite. C’est également pourquoi nous avons accepté un âge minimum de 54 ans pour obtenir ce grade. Par le passé, alors que tous ces critères n’étaient pas en vigueur et que, de surcroît, on avait comptabilisé dans le barème des points pour exercice en ZEP, des collègues très jeunes avaient pu bénéficier de la hors classe, bloquant ainsi des places pendant de très nombreuses années au détriment de leurs collègues plus âgées qui devaient quitter le corps sans jamais pouvoir l’obtenir. SNADEM-UNSA
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